COMMUNIQUE DE PRESSE 

13 avril 2022

Le think tank le Sens du service public réaffirme que le fait de disposer de services publics forts et accessibles à tous est une condition indispensable pour préserver notre cohésion sociale et notre vitalité démocratique.

Les résultats du premier tour des élections présidentielles ont mis en lumière le mécontentement et le fort sentiment d'exclusion ressenti par un nombre de nos concitoyens. La dégradation des services publics et leur éloignement inquiètent, dans tous les territoires, ruraux, urbains et ultra-marins.

Le Sens du service public rappelle l'importance des valeurs du service public autour de trois axes défendus dans son Manifeste de propositions aux candidats : l'égalité d'accès au service public, l'exemplarité écologique et sociale, et l'écoute démocratique.

Le Sens du service public considère que les positions de l'extrême droite sont en contradiction complète avec l'ensemble de ces principes. Derrière un discours de façade adouci, le programme de l'extrême droite constitue une menace irréversible pour notre modèle républicain de services publics et pour les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui l'animent.

- L'égalité et l'universalité d'accès constituent le fondement de nos services publics, qui impliquent une action quotidienne des agents publics, engagés en faveur de l’intérêt général. D'ambitieux chantiers doivent être menés d'urgence pour rendre effectif ce principe d'égalité d'accès, par exemple par un maillage territorial et des guichets physiques ouverts. Un programme politique centré sur la discrimination entre les habitants serait incompatible avec ces valeurs et porterait atteinte à l'engagement républicain et laïque de millions de fonctionnaires.

- Bien au-delà des missions dites "régaliennes" de protection et de sécurité, le Sens du service public rappelle que la présence de services publics, par exemple dans le domaine de l'éducation, du logement et de la santé, est un puissant facteur de réduction des inégalités. Le maintien de services publics forts et l'amélioration de leur qualité sont au cœur de la cohésion de notre pays et de la vitalité de notre vie démocratique

- La modernisation des services publics ne peut se faire que par une plus grande proximité des agents et des citoyens, et une plus grande écoute démocratique. Nos fonctions publiques doivent être représentatives de la diversité de la société française, et soucieuses de laisser de véritables espaces de concertation aux usagers et aux fonctionnaires.

- Le dernier rapport du GIEC a rappelé qu’il ne restait plus que trois ans pour prendre les mesures nécessaires pour que le dérèglement climatique ne soit pas irréversible. Au-delà de leur exemplarité, les services publics vont jouer un rôle crucial pour garantir que les mesures qui vont devoir être prises en matière de transition écologique soient les plus acceptables possibles pour tous.

Soucieux de défendre une modernisation des services publics respectueuse des principes républicains, le Sens du service public rappelle l'impérieuse nécessité de les préserver !

COMMUNIQUE DE PRESSE 

15 mars 2022

Opportunément, un mois avant les élections présidentielles, la Ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, a annoncé une revalorisation de la valeur du point pour les fonctionnaires.


Dans le contexte du retour d'une inflation pénalisant le pouvoir d'achat des agents publics et du gel du point depuis cinq ans, cette annonce répond à une attente forte.

Néanmoins, les conditions de l'annonce, suspendue au bon vouloir des intentions gouvernementales, rappellent une fois encore la nécessité d'avoir une approche pluriannuelle de la rémunération des fonctionnaires.

Le prochain quinquennat doit, enfin, être l'occasion d'ouvrir le chantier de la rémunération salariale en offrant de la lisibilité et de la cohérence à un sujet qui devient une réelle problématique pour les agents et les employeurs publics.

Grâce à une conférence salariale avec les partenaires sociaux, il pourrait s'agir d'identifier des axes prioritaires pluriannuels :

  • formule d'indexation des traitements salariaux ;
  • garantie d'équité entre catégories et métiers ;
  • correction des inégalités salariales entre les femmes et hommes ;
  • renforcement de l'attractivité salariales pour les métiers des services publics.

En effet, la question des salaires dans la fonction publique doit s'inscrire dans un agenda social plus large dépassant la seule problématique du maintien du pouvoir d'achat.

Le Sens du Service Public estime nécessaire de s'interroger sur la structure des rémunérations, en réfléchissant à la cohérence entre métiers, au risque de décrochage avec le secteur privé, au mécanisme d'ascension salariale au cours de la carrière. Par ailleurs, réinterroger l'architecture des rémunérations renvoie à la question de la rémunération à la performance collective. En se basant sur des critères négociés avec les partenaires sociaux selon des objectifs collectifs, elle pourrait constituer un levier managérial important permettant d'instaurer l'équivalent d'un intéressement collectif dans la fonction publique.  

Intégralité du Manifeste du Sens du service public : https://www.sens-du-service-public.fr/manifeste-2022

 

COMMUNIQUE DE PRESSE 

16 février 2022

Le Défenseur des droits vient de publier son Rapport de suivi sur la dématérialisation des services publics, trois ans après son premier rapport, qui soulignait les inégalités d'accès engendrées par la dématérialisation.

Le think tank Le Sens du service public a été auditionné dans le cadre de ce rapport et a pu exprimer ses points de vigilance.

 Si la dématérialisation des services publics apporte des conforts d'usage pour de nombreux usagers, elle est malheureusement susceptible :

  • de créer des non-recours aux droits du fait de sa complexité pour les plus fragiles,
  • de provoquer des insatisfactions vis-à-vis des administrations en raison des incompréhensions qu'elle suscite,
  • d'engendrer des inégalités d'accès aux services publics entre usagers.

Le Sens du service public interpelle les candidats aux élections présidentielles. Son Manifeste [https://www.sens-du-service-public.fr/communiques], présenté il y a quelques jours, souligne que "cette dématérialisation rapide et généralisée a accéléré la réduction des fonctions d’accompagnement et de médiation au cœur de la relation de service public, indispensables notamment pour les plus fragiles. Elle a donc renforcé pour de très nombreux Français un sentiment de dégradation et d’éloignement des services publics, sentiment se transformant de plus en plus souvent en exaspération à l’égard des agents publics et des élus. En outre, dans certains territoires -ruraux notamment - les fermetures se sont cumulées les unes aux autres (hôpitaux, maternités, guichets SNCF, bureaux de Poste, CPAM, trésoreries, gendarmeries, tribunaux, écoles…), en rupture avec la valeur d’égalité d’accès aux services publics, créant un sentiment d’abandon et de défiance accrue à l’égard des institutions." (p. 2-3 du Manifeste, Le service public : une idée d'avenir).

 Parmi ses 18 propositions adressées aux candidats aux élections présidentielles, afin de réinvestir dans l'égalité d'accès aux services publics devant le mouvement de fond de dématérialisation des administrations publiques, le think tank, Le Sens du service public soutient notamment les idées suivantes :

1.       Aller vers les usagers (bus itinérants)

2.       Inventer de nouvelles solutions techniques pour répondre aux véritables besoins des usagers (interfaces numériques co-construites avec les bénéficiaires)

3.       Renforcer les formations/médiations de proximité (soutien aux associations de médiation)

4.       Maintenir systématiquement des présences humaines en guichet d'accueil, sur le terrain et au téléphone, pour une instruction instantanée

5.       Dans les administrations, donner une « priorité absolue » au renforcement des agents de terrain qui sont au contact direct des citoyens.

 La dématérialisation ne doit pas remplacer les présences humaines et territoriales des services publics. Il convient d'affirmer que des fonctionnements de proximité devront toujours être assurés par une présence humaine en appui de la e-administration pour maintenir les liens sociaux avec les usagers.

28 janvier 2022

MANIFESTE
Le service public, une idée d'avenir

Voici 18 propositions, pour faire avancer l’égalité d’accès, l’exemplarité écologique et sociale de l’administration, et l’écoute démocratique des usagers et citoyens, en invitant dès maintenant à une administration plus humble et humaine, respectueuse de toutes et tous, qui prend soin des personnes – agents publics et citoyens -, du pays et de notre planète. 

COMMUNIQUE DE PRESSE 

9 décembre 2021

La Ministre de la fonction et de la transformation publiques vient de confirmer le non dégel de la valeur du point d'indice pour les agents publics pour 2022. Cette décision politique, qui repose également sur des considérations budgétaires, est l'occasion de rappeler que le sujet de la rémunération s'inscrit dans un débat plus global sur l'attractivité et la reconnaissance des agents publics.

En effet, au-delà du sujet du pouvoir d'achat dans un contexte de retour de l'inflation, le think tank Le Sens du Service Public rappelle que la rémunération rejoint le sujet de l'attractivité de nos fonctions publiques. Si l'attractivité de nos fonctions publiques dépasse les aspects salariaux, il convient de noter que la dernière augmentation du SMIC en octobre 2021 a permis de mettre en avant que de plus en plus d'agents publics avaient une rémunération se rapprochant du salaire minimum. Plus de 400 000 fonctionnaires de catégorie C perçoivent une rémunération indiciaire équivalente au SMIC et les fonctionnaires de catégorie B en début de carrière sont à peine au-dessus du salaire minimum. Par ailleurs, l'étude de l'OCDE publiée en septembre dernier, soulignait que le salaire des enseignants du primaire et du secondaire après 15 ans d'ans d'ancienneté est 15% inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE.

C'est pourquoi, afin de donner de la visibilité et des perspectives aux agents publics, Le Sens du Service Public rappelle la nécessité d'avoir une vision globale et pluriannuelle des rémunérations qui ne doivent plus uniquement dépendre de conférences salariales réunies au fil de l'eau et s'inscrire dans un agenda social plus large.

Ainsi, au titre de la reconnaissance, Le Sens du Service Public estime nécessaire de s'interroger sur la structure des rémunérations, en réfléchissant à la cohérence entre métiers, au risque de décrochage avec le secteur privé, au mécanisme d'ascension salariale au cours de la carrière. Par ailleurs, réinterroger l'architecture des rémunérations renvoie à la question de la rémunération à la performance collective. En se basant sur des critères négociés avec les partenaires sociaux selon des objectifs collectifs, elle pourrait constituer un levier managérial important permettant d'instaurer l'équivalent d'un intéressement collectif dans la fonction publique.  

Enfin, le think tank rappelle qu'une juste rémunération renvoie aux questions d'équité salariale dans la fonction publique entre les femmes et les hommes, dans la mesure où les femmes ont un niveau moyen de rémunération inférieur de plus de 12% à celui des hommes en raison des périodes de temps partiels et des interruptions de carrière qui pèsent sur leur trajectoire salariale et de carrière. 

Le service public : une idée d'avenir

15 novembre 2021 
- Dossier de presse -

Le Sens du service public présente 10 idées fortes à la ministre de la Transformation et de la fonction publiques

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COMMUNIQUE DE PRESSE 

21 octobre 2021

En l’espace de deux jours, deux candidats à la candidature présidentielle ont proposé 150.000 et 250.000 suppressions de postes de fonctionnaires. Le débat sur le service public se réduit donc à un débat sur le nombre de fonctionnaires dont il faudrait supprimer des postes. Le think tank "Le sens du service public" considère que le nombre de fonctionnaires doit provenir d'un choix de la Nation sur les missions qu'elle souhaite confier au service public.

Or, en proposant seulement un nombre de postes de fonctionnaires à supprimer, ces candidats réduisent la fonction publique à un coût et à des dépenses qu'il faudrait réduire, sans s'interroger sur les missions à rendre, à moderniser et pourquoi pas à supprimer. Encore faut-il assumer de les nommer, de préciser le niveau attendu de qualité du service public, l'évolution du nombre de lits à l'hôpital, celle du nombre d'élèves par classe. C'est en effet un épineux problème pour les candidats à la candidature qui doivent composer avec l’attachement des Français pour leurs services publics.

Réinterroger les services publics obligerait plutôt à proposer aux Français des évolutions de missions, un niveau de service rendu ou d'accompagnement des besoins sociaux, donc à présenter les missions pour lesquelles un haut niveau de qualité de service est attendu et celles pour lesquelles des efforts de productivité s'avèrent indispensables. Ceci éviterait de stigmatiser les fonctionnaires en faisant peser sur eux une responsabilité qui ne leur incombe pas. En effet, aucune autre catégorie d’actifs n’a ce privilège : se voir considérés, non comme des contributeurs à l’avenir et la vie de la nation, mais comme des coûts, des dépenses considérées comme inutiles, en soi, sans considération des missions qu’ils accomplissent. 

En tant que candidats à la présidentielle, les femmes et hommes politiques ont vocation à être les employeurs de millions d'agents. Donner du sens aux transformations, du sens aux missions des administrations qui leur permettront de remplir leurs promesses, du sens au service public fait partie de leur responsabilité politique